AG Pikamae delivered on 16 December 2021 his opinion in case C‑568/20 (J), which is about the incorrect use of Brussels I bis by the court of origin. The opinion is currently available in all EU official languages (save Irish), albeit not in English. Here is the French version (to check whether an English translation has finally been made available, just click on the link below and change the language version).

Question : « À la suite de la délivrance, par la juridiction de l’État membre d’origine, du certificat prévu à l’article 53 du règlement (UE) no 1215/2012 (2), attestant du caractère exécutoire de la décision rendue et de l’applicabilité de ce règlement, la juridiction de l’État membre requis, saisie d’une demande de refus d’exécution de cette décision par la personne contre laquelle l’exécution est sollicitée, peut-elle y faire droit au motif d’une appréciation erronée quant au caractère applicable dudit règlement, dans la mesure où la procédure suivie devant la juridiction de l’État membre d’origine visait à déclarer exécutoires des jugements rendus dans un État tiers ? ».

Suggested response : «  Les articles 45 et 46 du règlement (UE) no 1215/2012 du Parlement européen et du Conseil, du 12 décembre 2012 […] doivent être interprétés en ce sens que la juridiction de l’État membre requis, saisie d’une demande de refus d’exécution, peut y faire droit au motif que la décision et le certificat, prévu à l’article 53 de ce règlement, adoptés par la juridiction de l’État membre d’origine violent l’ordre public de l’État membre requis dès lors que l’erreur de droit invoquée constitue une violation manifeste d’une règle de droit considérée comme étant essentielle dans l’ordre juridique de l’Union et donc dans celui de cet État. Tel est le cas d’une erreur affectant l’application de l’article 2, sous a), et de l’article 39 dudit règlement exigeant que la décision dont l’exécution est demandée soit rendue dans un État membre.
Lorsqu’il vérifie l’existence éventuelle d’une violation manifeste de l’ordre public de l’État requis, du fait de la méconnaissance d’une règle de fond ou de forme du droit de l’Union, le juge de cet État doit tenir compte du fait que, sauf circonstances particulières rendant trop difficile ou impossible l’exercice des voies de recours dans l’État membre d’origine, les justiciables doivent faire usage dans cet État membre de toutes les voies de recours disponibles afin de prévenir en amont une telle violation ».

Source: https://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?docid=251315&mode=req&pageIndex=2&dir=&occ=first&part=1&text=&doclang=FR&cid=5321152